Qui jouit le plus fort? La femme ou l’homme?

Qui jouit le plus fort? La femme ou l’homme?

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De l’orgasme féminin et masculin, lequel est le plus fort ? Certes, la question n’est pas essentielle – elle a même un petit côté « guerre des sexes » déplaisant – mais elle est plus intéressante qu’il n’y paraît au regard des réponses qu’y apportent aujourd’hui certaines études scientifiques.

Avant elles, on avait coutume de se référer à la sagesse de la mythologie grecque et de répéter les propos de Tirésias qui avait affirmé que la jouissance féminine était bien plus forte que la masculine ! Le devin grec, né homme, savait de quoi il parlait puisqu’il avait vécu 7 longues années dans le corps d’une femme après avoir troublé de son bâton les amours d’un couple de serpents.

Selon Ovide qui fait écho du personnage mythologique dans ses « Métamorphoses », le vécu de ce séjour « trans » valut à Tirésias d’être l’arbitre d’une dispute entre Zeus et son épouse qui s’affrontaient autour de la question de la puissance du plaisir. Qui de l’homme ou de la femme jouit le plus fort ? Héra affirmait que c’était l’homme et Zeus le contraire, cherchant sans doute à excuser ses infidélités et à expliquer que la quantité des orgasmes remplaçait la qualité. La réponse de Tirésias en faveur du plaisir féminin lui valut la colère de la déesse qui le condamna à la cécité…

L’orgasme associé à de nombreuses manifestations physiques

Mais qu’en dit la science ? Confirme-t-elle la mythologie grecque ? Les études scientifiques nous expliquent d’abord que l’orgasme est ce pic de plaisir, à la fois physique et psychique, qui se manifeste chez les hommes comme chez les femmes par des contractions involontaires du périnée et des organes génitaux. Celles-ci se font à un rythme rapide, environ toutes les 0,6 – 0,8 secondes. Là ne sont pas seules manifestations de cette explosion de sensations. Elle est encore associée à une accélération des rythmes cardiaque et respiratoire ainsi qu’à une hausse de la tension artérielle et un élargissement de la pupille. Les mamelons peuvent aussi se contracter et des rougeurs apparaître à différents endroits du corps. Chez les femmes, l’aréole du sein s’élargit et s’assombrit, le vagin et l’utérus se contractent tandis que chez les hommes, les testicules continuent de se resserrer et le pénis et l’urètre (comme tout l’appareil reproducteur interne) se contractent pour permettre l’évacuation du sperme.

Plus de sensations déclarées par les femmes

Dans sa thèse de doctorat publiée en 2013 (1), la psychologue canadienne Samantha Dubra voulut savoir si ces manifestations physiques et physiologiques associées à l’orgasme étaient réelles et perçues par les intéressés. Elle interroga ainsi 227 participantes et participants et leur demanda après un rapport sexuel d’avaliser ou non les descriptions de ces ressentis orgasmiques. Elle constata que les femmes ont tendance à avoir un répertoire de sensations supérieur à celui des hommes. Elles décrivent statistiquement un plus haut niveau total de sensations que les hommes, plus de sensations cardiovasculaires et de sensations musculaires que les hommes.

Des orgasmes féminins plus longs

Les femmes ressentiraient-elles davantage de sensations ? Ou sont-elles simplement plus habituées à les cerner, les décrypter et les décrire ? Difficile de répondre mais il semblerait que l’orgasme féminin soit plus fort, si on se base sur sa durée. Les chiffres varient légèrement selon les études mais ils tournent en moyenne entre les 10 et 15 secondes pour les premières et entre les 4 à 10 secondes pour les seconds. Une différence qui s’expliquerait par le fait que la vaso-congestion s’étend à toute la région pelvienne chez les femmes alors que chez les hommes, elle se limite aux organes sexuels. La jouissance féminine est ainsi plus longue que la masculine.

Des orgasmes féminins multiples

Et puis n’oublions pas que l’orgasme féminin peut être multiple. Pas moins de 62 % des femmes ont déjà joui de façon répétée et connu une succession d’orgasmes. Certains hommes y parviennent également, en ayant appris à dissocier jouissance et éjaculation mais la plupart vivent une période réfractaire après la jouissance. Celle-ci varie chez chacun en fonction de son âge et de son état de santé. Elle peut être de 5 minutes comme de plusieurs heures, voir même plusieurs jours chez les hommes âgés.

Des orgasmes masculins plus rapides et plus fréquents

Mais il faut noter que si l’orgasme féminin est plus long et multiple, il met plus de temps à se déclencher. La chimie des hormones nous explique que la jouissance se déclenche quand le niveau de dopamine atteint un certain seuil et que ce seuil est plus bas chez les hommes que chez les femmes. De plus chez ces dernières, la dopamine, aussi surnommée l’hormone du bonheur, se développe en progressant en dents de scie, pouvant dès lors descendre à tout instant. Elle peut diminuer d’autant plus facilement que le système émotionnel comme l’éducation ou les fantasmes interviennent également et peuvent influencer le basculement du système nerveux vers l’orgasme, le faciliter ou l’empêcher.

Un fossé orgasmique

Il est plus lent à venir, niveau de dopamine et lâcher prise émotionnel obligent, mais il est aussi plus rare. Les femmes jouissent bien moins souvent que les hommes à tel point que l’on parle de « fossé orgasmique ». Que ce soit lors de la grande première ou dans une relation installée, les différences orgasmiques entre les deux sexes sont tellement importantes qu’elles en deviennent effrayantes. Lors d’une première fois, pas moins de 54 % des jeunes Françaises interrogées récemment par le labo Terpan ont confié que non seulement elles n’ont pas joui mais qu’elles n’ont pas ressenti la moindre sensation agréable. Le stress et la crainte d’avoir mal étaient trop présents. Par la suite, les choses s’améliorent mais sans arriver à une égalité. En 2017, une étude publiée dans les Archives of Sexual Behavior auprès de 52.000 personnes âgées de 18 à 59 ans, a établi que 95 % des hommes hétéros ont « souvent ou toujours » un orgasme, contre 65 % des femmes hétéros… Et si le rapport se limite au coït, seuls 18, 4 % des femmes connaissent l’apex du plaisir après en moyenne 12 minutes. Or souvent l’intimité entre un homme et une femme se réduit à la seule pénétration et celle-ci dure en moyenne 5 minutes.

Des expériences proches

Ainsi dans la compétition des genres liée à la qualité de l’orgasme, impossible de dire qui est gagnant. Mais là où les hommes et les femmes semblent se retrouver, c’est dans la description de cette jouissance. Quand il s’agit d’évoquer leurs sensations érotiques, les mots des hommes et des femmes se ressemblent, si l’on e croit une étude menée en 1976 par Ellen Belle Vance et Nathaniel Wagner (2). Ces deux psychologues de l’Université de Washington ont demandé à une septantaine de spécialistes des choses de l’amour, psys, gynécos et autres médecins, de lire 48 descriptions de l’orgasme – 24 masculines et 24 féminines – et de dire si les sensations évoquées émanaient d’un homme ou d’une femme. Alors que les expériences des orgasmes sont considérées comme différentes en fonction du genre, ces experts n’ont pas pu identifier correctement le sexe de la personne décrivant un orgasme. En outre, aucun des trois groupes professionnels n’a obtenu de meilleurs résultats que les autres groupes. Même « incompétence » entre les juges masculins et féminins. Voilà de quoi suggérer que l’expérience de l’orgasme pour les hommes et les femmes est proche.

(1)Étude des sensations physiques et physiologiques associées à l’orgasme chez l’homme et la femme, Etude de décembre 2013 de Samanta https ://archipel.uqam.ca/6355/1/D2596.pdf

(2) Written descriptions of orgasm : A study of sex differences, étude de Ellen Belle Vance et Nathaniel N. Wagner, publiée dans Archives of Sexual Behavior en janvier 1976

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