Le plaisir sexuel conforte-t-il l’amour? Ou l’inverse?

Le plaisir sexuel conforte-t-il l’amour? Ou l’inverse?

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« Le temps, qui fortifie les amitiés, affaiblit l’amour », écrivit Jean de La Bruyère… Inexorablement, le temps fragilise le désir d’un couple. Les corps s’habituent l’un à l’autre, les cœurs ne battent plus la chamade quand l’autre s’approche. Les âmes ne cherchent plus à se séduire. Le couple s’installe dans la routine et oublie combien leurs corps se sont cherchés et mangé. C’est tout la contradiction de nos vies amoureuses : connaître l’amour fait rêver mais l’engagement amenuise la flamme du désir…

Mais ne désespérons pas, car si le désir diminue, le plaisir sexuel lui peut augmenter ! Pour peu que l’on consacre du temps et de l’attention à la dimension intime de la relation, les sensations érotiques peuvent croître car les corps se connaissent, les peurs et les gênes s’amenuisent et les cœurs lâchent prise. Nombre de couples confirment cette possible évolution. Tout comme nombre d’études démontrent combien la vie à deux peut assurer une vie sexuelle des plus satisfaisantes.

Le temps tue l’amour mais augmente le plaisir

Une nouvelle étude (1) confirme la chose, tout en s’interrogeant sur la cause de cette satisfaction sexuelle. Est-ce l’engagement qui favorise le plaisir ? Ou l’inverse ? Publiée au mois d’octobre de l’année dernière dans le Journal of Sex and Marital Therapy, elle établit que les deux dimensions se renforcent mutuellement : l’engagement amoureux conforte la satisfaction sexuelle et le plaisir érotique porte l’engagement… Ainsi les partenaires qui s’investissent davantage dans la relation amoureuse, consacrent du temps l’un à l’autre, connaissent une vie sexuelle satisfaisante. Tout comme les partenaires peuvent être plus engagés dans une relation qui leur offre plus d’avantages sexuels. « Les partenaires qui sont satisfaits de la façon dont leurs besoins sexuels sont vécus peuvent être plus dévoués à l’avenir de leurs relations », écrivent les auteurs de l’étude. « Avec un fondement d’engagement fort, les couples peuvent développer un sentiment de sécurité dans leurs relations qui amène les partenaires à s’engager dans une exploration sexuelle plus intense et ainsi à profiter d’une vie sexuelle plus satisfaisante ensemble. Inversement, des niveaux d’engagement inférieurs peuvent empêcher les partenaires de communiquer ou de profiter de leur intimité physique dans toute la mesure. »

Après un temps, le plaisir cesse d’augmenter

Cependant les choses sont à nuancer car avec le temps, les jeux d’influence réciproque se modifient quelque peu. Il faut savoir que cette étude s’est basée sur 5 rencontres échelonnées dans le temps. Les 366 couples hétérosexuels ont été interrogés sur leurs désirs et engagements lors de 5 séances de thérapie. Natasha Sierra Seiter de l’Université du Colorado et ses associés ont constaté qu’après trois rendez-vous de thérapie de couple, les choses changeaient quelque peu… La satisfaction sexuelle continuait à améliorer le sentiment d’engagement mais la sécurité et l’investissement de l’engagement étaient moins importants pour prédire la satisfaction sexuelle. Comme si après un certain temps, être de plus en plus attaché à l’autre cesse d’augmenter le plaisir…

Quoi qu’il en soit, on retient de cela, que la sexualité peut conforter le lien amoureux et émotionnel et se révèle épanouissante dans la durée. Et surtout quand on s’en préoccupe car un élément important de cette étude est que les couples ont été interrogés lors de séances de thérapie. Ils se sont retrouvés régulièrement pour parler d’eux et de leurs sentiments, plaisirs et satisfactions. Et on sait combien simplement s’interroger sur son intimité l’améliore !

Mais le principe général est toujours d’actualité : vous voulez de meilleures relations sexuelles ? Travaillez à renforcer votre relation. Vous souhaitez renforcer votre relation ? Le sexe est un excellent point de départ.

(1) Changes in Commitment and Sexual Satisfaction : Trajectories in Couple Therapy : étude de Natasha S. Seiter, Kelley Quirk, Nathan Hardy, Richard E. Zinbarg, Jacob Z. Goldsmith & William M. Pinsof. Publiée en octobre 2019.

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