Le sexe plus libre des jeunes femmes

Le sexe plus libre des jeunes femmes

Est-ce la peur de la grossesse qui a longtemps éloigné les femmes de la liberté sexuelle ? Est-ce l’éducation religieuse qui leur a inculqué que l’essentiel est ailleurs que dans le plaisir des corps ? Est-ce la société patriarcale qui pour s’assurer leurs domination et fidélité, a persuadé les jeunes filles qu’elles n’aimaient guère les joies de la chair ?

Sans doute tous ces éléments – et d’autres encore – ont-ils participé au fait que longtemps, les femmes ne purent vivre la sexualité aussi librement que les hommes. Mais les évolutions de la société, la perte du religieux comme la mise au point de la pilule contraceptive ou la révolution sexuelle, participèrent à bien des changements de l’intime.

Depuis des décennies, les femmes ont revendiqué leurs parts de plaisir. Les ont-elles acquises ? Qu’en est-il de la sexualité des jeunes femmes ? Une enquête de Terpan Prévention et du collectif féminin Les Nanas d’Paname nous éclaire à ce sujet. Menée auprès de 1200 jeunes Françaises âgées de 18 à 25 ans, elle nous montre une évolution du rapport à la sexualité.

89 % se masturbent et 87 % ont vu du porno

Premier grand changement : c’est la banalisation de la masturbation. Alors que la pratique a été longtemps taboue, chez les filles bien davantage que chez les garçons, l’enquête nous apprend que pas moins de 89 % des jeunes femmes se sont déjà masturbées. Elles sont 45 % à avoir découvert le plaisir solitaire entre 13 et 14 ans, 17 % entre 15 et 16 ans, 14 % entre 16 et 17 ans et 24 % à plus de 18 ans.

La découverte fut apparemment satisfaisante car elle fut répétée : plus d’un tiers des 1200 jeunes femmes interrogées se masturbent tous les 2 ou 3 jours ; 23 % le font une fois toutes les deux semaines et 26 % une à deux fois par mois.

Et on dira que cette évolution de la pratique de la masturbation est positive car le plaisir solitaire permet de découvrir et apprivoiser son corps et son fonctionnement érotique. La connaissance est essentielle pour que le rapport sexuel avec l’autre soit satisfaisant. Contrairement à ce que d’aucuns peuvent croire, ce n’est pas le (ou la) partenaire qui doit enseigner les plaisirs mais c’est à chaque femme de savoir comment son corps fonctionne, comme elle atteint le 7 e ciel et ce qui lui offre le plus de sensations. Par ailleurs, l’enquête montre que la pratique est jouissive puisque 86 % des filles ont un orgasme lorsqu’elles se masturbent, 78 % y parvenant même à chaque fois qu’elles se masturbent.

Et il n’y a pas qu’en matière de masturbation que les choses bougent. L’enquête Terpan Prévention – Les Nanas d’Paname nous apprend aussi combien la consultation de la pornographie s’est popularisée puisque 87 % des jeunes sondées ont déjà visionné un film porno : 30 % d’entre elles l’ont découvert entre 13 et 14 ans, 23 % entre 15 et 17 ans et 22 % à plus de 18 ans.

Un taux de consultation important qui nécessite d’informer les jeunes sur ce qu’est le porno tant au niveau des conditions de tournage que de la réalité qu’il recouvre. Le porno met en scène des fantasmes et non la réalité des rapports. Ce n’est pas en reproduisant exactement ce que l’on voit à l’écran que le rapport sera des plus épanouissants et jouissifs.

Un premier rapport stressant et peu jouissif

Retour à l’enquête. Par contre, en ce qui concerne l’âge du premier rapport, les chiffres restent plutôt les mêmes puisqu’il se passe entre 16 et 17 ans pour 40 % d’entre elles. Elles ne sont que 22 % à le connaître plus jeunes entre 14 et 15 ans.

Lors de cette grande première, plus de 95 % des jeunes femmes n’ont pas eu d’orgasme. Le stress (44 %) ainsi que la douleur (35 %) sont les principales causes invoquées mais elles n’hésitent pas non plus à faire des reproches à leur partenaire qui sont trop brusques avec elles (un tiers) et jouissent trop vite (12 %). Des reproches qui montrent combien la parole s’est libérée mais oublient combien la sexualité s’apprend pour les jeunes hommes également. Débutant en amour, ils ne maîtrisent pas d’emblée leur excitation et contacts avec la partenaire.

Mais si l’orgasme est rarement ressenti la première fois, il n’est pas pour autant absent. Plus de la moitié des jeunes femmes ont connu la première jouissance à 18 ans et plus. Mais 13 % n’ont jamais ressenti d’orgasme.

Des partenaires égoïstes

Cette absence de jouissance est expliquée par les intéressées par l’égoïsme du partenaire qui ne pense qu’à sa jouissance (pour 29 % des sondées). Vient ensuite le fait qu’elles ont la tête ailleurs et restent passives (25 %). Et pour 14 %, la douleur à chaque rapport empêche le plaisir suprême.

Autant de pourcentages qui rendent indispensable l’éducation à la sexualité. Le plaisir s’apprend seul d’abord puis avec l’autre dans une relation sensuelle et sexuelle qui respecte les envies et les tempos des deux partenaires. Le sexe est une rencontre de deux corps et deux êtres et non une performance…

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