Sexe des Bonobos : la puissance des femelles

Sexe des Bonobos : la puissance des femelles

Le mâle désire et la femelle est désirée, telle est la loi immuable de la nature ! Le mâle, c’est le prédateur, le chasseur qui poursuit et impose son désir à l’autre sexe pour transmettre son précieux patrimoine génétique. Telle est (serait ?) la norme des rapports sexuels entre les animaux. Et combien de fois n’est-elle pas transposée à notre humanité pour justifier un homme puissant et désirant face à une femme peu désirante.

Mais ces comportements d’un dominant imposant ses envies sexuelles et reproductives ne sont pas aussi universels dans le monde animal qu’on pourrait le croire et un de nos plus proches cousins avec lequel nous partageons 98,7 % de notre patrimoine génétique, les singes Bonobos en sont le meilleur exemple.

Femelles bonobos dominantes et désirantes

Comme l’a mis en évidence la biologiste et anthropologue Amy Parish qui travaille à l’Université de Southern California à Los Angeles, chez ces quelques 15-20.000 singes vivant dans la République démocratique du Congo, les femelles peuvent imposer leurs désirs sexuels et n’hésitent pas à le faire car elles contrôlent les ressources alimentaires. Si les mâles veulent avoir de la viande, ils doivent d’abord satisfaire les envies des femelles : « Les bonobos mangent peu de viande mais ce ???? qui est très particulier chez eux, c’est le fait que les femelles contrôlent l’accès à la nourriture. Elles savent capturer les petits d’une espèce naine d’antilopes dont elles se réservent la chair. Si un mâle en veut, il doit approcher et offrir du sexe. Car contrairement à ce qu’on croit, le souhait de s’accoupler n’est pas exclusivement le fait des mâles. Les femelles peuvent aussi avoir un désir sexuel et donner de la nourriture en échange, » explique la spécialiste des bonobos dans « Puissante comme une bonobo » (Hors Série de l’Obs n°102).

Les femelles bonobos peuvent imposer leurs désirs aux mâles et parfois aussi leurs lois, n’hésitant pas à les maltraiter en s’unissant les unes aux autres. « J’ai constaté qu’elles formaient de véritables coalitions pour dominer les mâles et même pour les attaquer physiquement, leur infligeant des mutilations parfois très sérieuses, » poursuit la spécialiste. Nombre de mâles se retrouvent ainsi avec des phalanges ou des orteils en moins. Les femelles bonobos peuvent faire alliance entre jeunes et plus âgées pour se défendre des harcèlements de mâles, assurant du même coup leur supériorité dans la hiérarchie sociale.

Plaisirs entre femelles

Et ces femelles toutes puissantes n’attendent pas les mâles pour s’offrir du plaisir. Elles n’hésitent pas à se faire quelques gâteries entre elles. Ayant un clitoris particulièrement développé qui sous l’effet de l’excitation entre en érection et se positionne fort vers l’avant, elles se frottent l’une contre l’autre à raison d’une moyenne de 2,2 mouvements latéraux par seconde, soit au même rythme que les coups de rein du mâle. Ces comportements appelés frictions GG, pour génito-génitale, seraient même préférés aux accouplements avec les mâles.

Caresses clitoridiennes entre femelles et coïts avec les mâles ne sont pas les seuls comportements sexuels des bonobos. Tous les spécialistes de cette espèce découverte en 1929 soulignent combien leur sexualité est particulièrement riche et variée. Ils s’embrassent sur la bouche avec ou sans la langue, peuvent faire l’amour en face à face et en levrette, se caressent et se masturbent, pratiquent même le sexe oral, la fellation et le cunnilingus et ce, avec des individus de l’autre sexe et du même sexe, quel que soit son âge. Seul l’inceste est tabou… Le primatologue Franz de Waal parle même à leur propos de « pansexualité ».

Faire l’amour et non la guerre

Et cette sexualité atypique sert aussi à calmer les tensions au sein du clan comme lors des relations avec les autres groupes. Au contraire des chimpanzés qui agressent et attaquent les autres clans, les bonobos qualifiés par certains de « xénophiles » peuvent avoir des relations sexuelles avec eux. La sexualité a chez eux une fonction autre que reproductive mais aussi sensuelle et relationnelle.

La sexualité des bonobos comme leurs rapports sociaux pacifiques font réfléchir et interpelle comme le notait le primatologue hollandais travaillant aux États-Unis Franz De Waal au quotidien français Libération: «s’ils avaient été connus plus tôt, les scénarios de l’évolution humaine auraient pu mettre l’accent sur les relations sexuelles, l’égalité entre mâles et femelles, l’origine de la famille plutôt que sur la guerre, la chasse, l’emploi d’outils, apanages du chimpanzé en fonction desquels on a reconstitué une bonne part du comportement humain ancestral. »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :