Quand le mariage tue le désir féminin et la satisfaction des couples

Quand le mariage tue le désir féminin et la satisfaction des couples

Année après année, étude après étude, le constat est là : les femmes perdent le désir quand elles filent le parfait amour et sont installées dans une relation de couple ! Même les filles d’Ève de la nouvelle génération semblent touchées par ce qu’on appelle en sexologie le « désir sexuel hypo-actif » alors que les jeunes demoiselles semblent aussi libérées que sexuées et vivent dans une société occidentale qui a vécu la révolution sexuelle et parle sans complexe de tous les plaisirs des corps !

La toute dernière étude (1) publiée il y a quelques semaines dans la très sérieuse revue Archives of Sexual Behavior le confirme : à peine mariées, les belles épousées des 207 couples suivis pendant 4 ans ont des désirs plus faibles que leurs maris mais aussi plus variables dans le temps. L’envie faiblit dès l’installation à deux et le contrat de mariage signé. Il se fragilise davantage au fil des ans, pouvant diminuer de 16 % après 4 ans. Selon l’auteur principal de l’étude, le dr James Mc Nulty, le désir féminin s’étiole au cours des années parce que les femmes sont sécurisées par les liens du mariage et l’investissement de leur partenaire. Le psychologue américain laisserait-il ainsi sous-entendre que la gent féminine ferait l’amour surtout pour s’attacher le conjoint et non pour leur propre plaisir…

Le désir se nourrit de découvertes

On le sait, maints travaux ont montré combien le quotidien fragilise le désir sexuel. Celui-ci se nourrit de conquête, de nouveauté, de découverte, d’aventure. Il s’affaiblit avec la confiance, la répétition, l’habitude et comme on le voit par cette étude, avec la sécurité affective que peut représenter le mariage. C’est le paradoxe de la vie à deux et le contresens de la sûreté offerte par un contrat légal d’union. Il comble les besoins émotionnels mais non les envies sexuelles. Et les femmes semblent particulièrement touchées par la lassitude que peut entraîner la vie à deux. Peut-être ont-elles besoin de plus de nouveautés érotiques, de changements, de piments pour être plus désirantes ? La problématique de la perte du désir féminin a des dimensions multiples que l’on n’abordera pas ici.

La parentalité modifie peu le désir

Mais l’étude de Mc Nulty et ses collègues ne s’est pas contentée de constater et chiffrer cette baisse de désir des jeunes épouses. Elle met aussi en lien le désir et d’autres éléments de la vie de ces quelque 400 jeunes mariés hétéros. Elle interroge la fréquence de leurs rapports sexuels, leur niveau de stress, état dépressif, sentiment de satisfaction conjugale ainsi que la présence ou non d’enfants. Et ces croisements de données peuvent aider à comprendre la baisse de désir. Voyez plutôt.

Les psychologues de la Florida State University ont ainsi constaté que la naissance d’un bébé n’est pas un élément essentiel pouvant expliquer la diminution de désir. Certes les femmes qui deviennent mamans perdent fortement le désir (au contraire de leurs maris) mais celles qui n’en ont pas, voient aussi leur libido faiblir. La parentalité n’est ainsi pas le critère qui explique l’évolution mais seulement une des causes possibles parmi d’autres.

L’envie diminue mais non la fréquence des rapports sexuels

Autre observation intéressante : si le désir féminin faiblit, ce n’est pas le cas de la fréquence des rapports. Les couples continuent de faire l’amour même si le désir féminin s’est atténué. Cela sous-entend que les jeunes mariées ont des rapports sexuels quand elles n’ont pas envie. Le désir féminin est connu pour être plus réactif que spontané, s’éveillant grâce au désir de l’autre. Mais il n’empêche que faire l’amour quand on a plutôt envie de plonger dans les bras de Morphée ne doit guère aider à désirer davantage, ni à assumer un rôle pro-actif dans la sexualité. On intègre progressivement que c’est l’homme, l’époux qui prend les initiatives. Ce qui n’est guère plus agréable pour un homme de devoir toujours être l’initiateur du rapport sexuel.

Comme le montre cette étude, ces différences d’intensité libidinale engendrent des sentiments d’insatisfaction chez les deux membres du couple. Ces temps érotiques non assortis sont une cause importante et fréquente de frictions et discussions. C’est la spirale infernale car ces ressentis eux-mêmes risquent de fragiliser davantage le désir. Les auteurs ont observé que la baisse de la satisfaction conjugale était un facteur prédictif d’un désir sexuel moindre.

Ainsi aider les femmes qui perdent le désir quand la relation est sécurisée se révèle important pour elles mais aussi pour leur couple. Comme le recommandent les psys de l’étude il faut commencer par expliquer aux couples que cette diminution de désir est normale et que le désir fluctue avec le temps. Reste à le rebooster… Un vrai travail auquel le couple doit s’atteler, seul ou avec un thérapeute.

(1) Les changements différenciés selon le sexe dans le désir sexuel prédisent l’insatisfaction conjugale ; étude de McNulty, J.K., Maxwell, J.A., Meltzer, A.L., et Baumeister, R.F. parue en août 2019 dans Archives of sexual behavior

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