Doubles peines pour les lesbiennes

Doubles peines pour les lesbiennes

Elles sont souvent invisibles. Les lesbiennes sont encore nombreuses à taire leurs préférences sexuelles lors des consultations médicales. Sans doute craignent-elles d’être stigmatisées, moquées, insultées, agressées, rejetées. Le rapport 2018 de l’association SOS Homophobie qui a été publié il y a quelques jours en France fait état d’une augmentation de 42 % des actes lesbophobes, passant de 257 en 2017 à 365 en 2018 ! Cette hausse impressionnante pourrait s’expliquer par la libération de la parole mais peu importe, elle est une réalité et une injustice qui se vit partout. Ces agressions se produisent à distance sur le net 28 % et dans les médias (5 %) mais aussi très directement dans les familles (14 %), les lieux publics (13 %), au travail (10 %), à l’école (7 %), dans les relations de voisinage (5 %), les commerces (4 %)… Mais quels que soient les lieux où elles se passent, elles sont toujours douloureuses et incitent à la discrétion. Ainsi, trop souvent encore les lesbiennes n’osent confier à leur famille et leurs amis cette part essentielle d’elles-mêmes alors que ce dévoilement (coming out) est une étape importante qui permet de s’accepter avant d’être acceptées par les autres et mener des existences plus sereines.

2018 : année noire pour les lesbiennes

Et ce dévoilement, il faut le faire aussi auprès de son médecin et surtout de son ou de sa gynécologue. Peu de lesbiennes se confient aux professionnels de la santé ou même consultent régulièrement que ce soit à titre préventif ou curatif. Elles se croient peu ou pas concernées par les Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Il est vrai que les services publics ne les ont jamais sensibilisées en la matière. Parfois même les médecins, mal informés, pensent qu’elles ne sont confrontées à aucun risque sexuel car elles ne couchent qu’avec des femmes. De même, nombre d’études et de formations les ont tout simplement oubliées. À tort car les lesbiennes sont autant sexualisées que les hétérosexuelles si ce n’est davantage : elles ont, en moyenne, une activité sexuelle plus précoce, des pratiques plus diversifiées et plus de partenaires au cours de leur vie que les femmes hétéros.

Trois fois plus d’IST

Ces différents éléments font qu’aujourd’hui les femmes qui en aiment d’autres, sont plus exposées que les hétérosexuelles aux IST comme aux troubles cardiovasculaires d’ailleurs, aux cancers, aux problèmes de santé mentale et d’addictions. Les lesbiennes ont même trois fois plus d’IST que les hétéros. Chiffres toujours : 95 % des lesbiennes ne se protègent jamais et une sur trois ne s’est jamais fait dépister. Une telle situation n’a pas échappé à diverses associations : les ASBL SIDA’SOS et Tels Quels, ainsi qu’un groupe de lesbiennes, bies and co très motivées, ont uni leurs efforts pour lancer le projet Go To Gynéco ! Celui-ci vise à améliorer le bien-être des femmes qui ont des relations avec des femmes en limitant au maximum les risques de transmission d’IST, en valorisant les pratiques de « safe sex » et en encourageant un suivi médical régulier.

Un simple carré de latex pour se protéger

Le site gotogyneco.be donne ainsi des informations fiables sur leur santé sexuelle, met en lien pratiques sexuelles et IST, explique comment se protéger sans diminuer les plaisirs : vive le carré de latex qui se vend sur internet ou se fabrique soi-même à partir d’une capote, de gants ou de film alimentaire non-poreux. Ce site n’est pas seulement destiné aux lesbiennes mais il est également dédié aux généralistes, sages-femmes, gynécologues, etc. Ils peuvent y mettre à jour leurs connaissances concernant les spécificités de ces publics et ainsi améliorer leurs pratiques. Ils peuvent aussi demander des formations tandis que les lesbiennes peuvent recommander des professionnels pour ensemble créer un réseau de professionnels « lesbo friendly ».

Outre le site, une brochure est également éditée à destination de la communauté lesbienne, bies & co. Des ateliers de réduction des risques sur la santé sexuelle sont organisés ainsi que des formations à destination des généralistes, sages-femmes, gynécologues, professionnels de centres de planning familial, de maisons médicales, etc. et des étudiants en médical, paramédical et social. Et puis on n’oublie pas le spot radio et la vidéo aussi informative que teintée d’humour car elle se présente sous forme d’un « Kama Sutra lesbien protégé ! »

https ://gotogyneco.be/

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