Femmes de pouvoir et sexe

Femmes de pouvoir et sexe

Sexe et pouvoir forment la plus détonante des alliances. L’histoire ancienne – et récente – est là pour le confirmer, nous offrant les noms de maints dirigeants masculins dont la libido semble à la mesure de leur situation et de leurs ambitions. Et combien de fois ce lien n’a-t-il pas été explicité par la nature même de la sexualité masculine? L’homme bande, pénètre et domine dans l’intimité. Quoi de plus logique que cette agressivité phallique trouve un prolongement dans le pouvoir social! Érection rimerait ainsi «naturellement» avec domination! Tout comme ce lien a été expliqué par une sexualité masculine plus puissante que celle des femmes.

Pourtant il semble que ce soit le pouvoir qui dope la sexualité et que la masculinité n’y ait pas grand-chose à voir. Une récente étude (1) publiée fin de l’année dernière et menée par Joris Lammers et Janka Stoker tend en effet à montrer que le pouvoir social d’un individu, quel que soit son sexe, modifie son comportement sexuel, dopant son désir et lui donnant confiance dans ses capacités de séduction. Et cette modification, soulignent les deux chercheurs, est la même chez les hommes et les femmes! Sur base des témoignages de près de 2000 Américains, Britanniques, Hollandais et Asiatiques, les deux chercheurs des universités de Cologne et Groningen ont observé que l’assertivité sexuelle, l’affirmation sexuelle était identique pour les hommes et les femmes qui occupaient une position sociale dominante. Pour Lammers et Stoker, on oublie les différences sexuelles entre les hommes et les femmes qui ont toujours été mises en avant. Celles-ci reflètent davantage des différences de pouvoir que biologiques.

De même il est observé que les hommes et les femmes occupant des postes à responsabilités trompent davantage. Portés par leur position sociale et dopés par la confiance ainsi offerte en leurs capacités, ils se montrent plus infidèles, quel que soit leur sexe. C’est un nouveau cliché sur la sexualité des femmes que font voler en éclats les mêmes Lammers et Stoker dans une enquête (2) de 2011 menée auprès de 1561 professionnels: non! Les femmes ne sont pas des madones éthérées subissant la sexualité masculine; elles trompent tout autant que les hommes quand elles ont des responsabilités.

Et last but not least, les femmes ayant une position dominante développent davantage que les hommes des fantasmes sadiques. Ces derniers s’excitent plus avec des pensées masochistes. C’est en tout cas ce qui ressort d’une vaste étude de 2015 menée auprès de 14306 hommes et femmes. On est loin de Fifty Shades of Grey, qui nous montrait le beau et puissant pdg de société Grey Enterprises Holding Inc. aimant à fouetter la belle et fragile Anastasia.

En fait ce serait la position sociale qui pousserait à ignorer les normes sexuelles associées à leur genre en particulier. Le pouvoir social modifie les schémas traditionnels de genre dans le sexe. Il désinhibe!

Joëlle Smets

(1)Power Affects Sexual Assertiveness and Sexual Esteem Equally in Women and Men, publié dans Arch Sex Behav., 2018

(2). Power Increases Infidelity Among Men and Women, dans Psychological Science, 2011 (3). Power and Sadomasochism: Understanding the Antecedents of a Knotty Relationship in Social Psychological and Personality Science de 2015

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