Orgasmes les plus fous

En cette «Journée mondiale de l’orgasme», florilège ludique et léger des jouissances les plus détonantes.

Cela fait dix ans déjà que Donna Sheehan et Paul Reffell ont initié cette journée dans l’espoir que les plaisirs simultanés engendrés réduiraient les violences et participeraient à la paix! On doute de l’efficacité pacifiante d’un orgasme collectif même s’il vaut mieux faire l’amour que la guerre pour reprendre le slogan anti-système des années soixante si libérées. Mais on profite de la journée pour évoquer avec légèreté des orgasmes étranges, surprenants, détonants, fous, originaux dont certains sont même douloureux à vivre, liés à des problèmes de santé.

100 orgasmes par jour

Le moindre mouvement ou la plus petite vibration la faisait jouir. En 2012, l’Américaine de 44 ans, Kim Ramsey trônait à la une des journaux après avoir confié qu’elle n’en pouvait plus de ses 100 orgasmes quotidiens depuis une chute dans l’escalier et la rencontre d’un nouvel amant qui pourtant n’était aucunement responsable de cette surabondance orgasmique.

La même année, Gretchen Mollannen, révélait aux médias de sa Floride natale qu’elle avait voulu mettre fin à ses jours après avoir eu 50 orgasmes par jour pendant seize ans soit «un toutes les 30 secondes, pendant 4, 6, voire huit heures».

Deux ans plus tard, Cara Anya, originaire de l’Arizona, disait elle aussi l’enfer de sa vie passée à orgasmer. La jeune serveuse avait dû arrêter de travailler et de participer aux activités scolaires de son fils Merrick tant elle avait des difficultés à rester impassible en public, souffrait et passait pour une perverse.

En 2017, l’Amérique à nouveau s’émouvait du sort de Dale Decker qui confessait son calvaire consécutif à une hernie discale accidentelle. Le père de famille de 37 ans expliquait son incapacité à contrôler ses excitations et ses spasmes orgasmiques qui dépassaient régulièrement la centaine, montaient parfois jusqu’à 300 et pouvaient survenir dans les pires moments même lors d’enterrement.

Kim, Gretchen, Cara et Dale comme bien d’autres personnes – 300 cas dans 37 pays ont été recensés dans une étude de 2018 – souffrent en fait du «syndrome d’excitation génitale persistante» ou SGEP. La médecine s’est bien évidemment intéressée à la cause de ce souci qui touche davantage les femmes que les hommes. Sans aboutir à un consensus, elle a avancé diverses explications, d’une carence en fer à une irritation du nerf pudendal situé entre les organes génitaux en passant par un problème génétique, une insuffisance rénale, un symptôme de la sclérose en plaque, une vessie hyperactive et des réactions médicamenteuses.

Un orgasme par les pieds

Peut-on jouir en stimulant la voûte plantaire? Il semble que oui si l’on croit la publication scientifique de Marcel Waldinger. En juin 2013, le neuropsychiatre hollandais bien connu dans le monde de la sexologie décrivait dans la revue The Journal of Sexual Medecine le cas d’une femme de 55 ans qui est venue le trouver pour se plaindre de ses nombreux et brefs orgasmes quotidiens – entre 5 et 10 de quelques secondes – qui démarraient de son pied gauche, remontaient dans le genou et la cuisse et se terminaient dans le vagin. Waldinger fit passer une batterie de tests et constata la réalité de ces orgasmes spontanés. Ils seraient dus aux complications qui ont suivi une opération abdominale de résection de la vésicule biliaire et qui ont entraîné une nouvelle innervation.

Jouir volontairement sans se toucher

Barbara Carrellas est elle aussi devenue célèbre par ses orgasmes atypiques, volontaires et contrôlés ceux-là. Dans les années 2000, l’Américaine confiait sur les plateaux de télé qu’elle pouvait jouir sans être touchée et sans se toucher! La New Yorkaise expliquait avoir mis au point une technique qui combine un travail de la respiration, des muscles du périnée qu’elle contracte et relâche, du bassin qu’elle bouge comme lors d’un rapport sexuel. Autant d’exercices techniques qu’elle accompagne de fantasmes.

Quand certains ont douté de la réalité de son orgasme, Barbara n’a pas hésité à prouver qu’elle n’était point une simulatrice. Elle a accepté de se masturber par la pensée sous le contrôle de l’appareillage du scientifique Barry Komisaruk de la Rutgers University qui analyse l’activité cérébrale au moment de l’orgasme. Le chercheur et auteur de l’ouvrage «La science de l’orgasme» a confirmé que la belle atteignait bel et bien le 7 e ciel… Altruiste, Barbara Carrellas fait profiter les femmes de sa technique orgasmique. Devenue sexologue reconnue par l’American College of Sexologists, elle publie des ouvrages, donne des conférences et anime des ateliers d’Urban Tantra à New York…

Jouir en accouchant

Certaines femmes jouissent en donnant la vie. La chose n’est pas fréquente mais elle est bien réelle comme l’a montré en 2013 l’étude «Naissance et jouissance: mise en évidence de l’existence d’un orgasme obstétrical». Son auteur, le psy et sexologue Thierry Postel a même chiffré le phénomène: il surviendrait dans 0,3% des accouchements. Pour arriver à ce pourcentage, il a interrogé une centaine de sages-femmes qui sur un échantillon de 206.000 de naissances, lui ont rapporté quelque 668 souvenirs d’orgasmes survenant en plein accouchement. Deux ans plus tard, un documentaire britannique «Orgasmic Birth: The Best-Kept Secret» diffusait le témoignage d’une femme ayant vécu l’expérience. Aucune étude n’a été menée sur le pourquoi du comment mais les explications seraient liées au fait que l’accouchement provoque des stimulations du col, du vagin, et du clitoris ainsi que des contractions utérines qui sont des élements participant à l’orgasme.

Chuchoter et jouir

Chuchotements de mots impudiques et bruits suggestifs provoquent des orgasmes pour peu que l’on fasse preuve d’imagination et que l’on soit capable de lâcher prise. C’est l’ASMR érotique, devenu phénomène du net et manifestation de ce que l’appelle le post-porn, cette autre pornographie moins commerciale et plus créative. L’ASMR, Autonomous Sensory Meridian Response ou en français Réponse Automatique des Meridiens Sensoriels, est un phénomène de plus en plus populaire ces dernières années. Il s’agit d’une méthode de relaxation lancée vers 2010 aux États-Unis et basée sur les sons bien particuliers, des chuchotements, frottements, tapotements, froissements, grattements d’objets du quotidien. Enregistrés tout près d’un micro-ultra sophistiqué, ils donnent l’impression d’être produits juste à côté de votre oreille. Sans que les scientifiques ne puissent l’expliquer, ces bruits engendrent chez certaines personnes des sensations cérébrales telles que des chatouilles, des bulles qui explosent, des étoiles et dans sa version érotique des orgasmes.

Jouir et éternuer

En 1972, le Journal of the American Medical Association faisait état de personnes, des hommes comme des femmes, qui juste après avoir joui commencent à éternuer. Comme d’autres qui éternuent dès qu’elles ont des pensées érotiques. On ne chiffre pas le problème mais si l’on en croit les témoignages diffusés sur le net, ils sont plus fréquents qu’on ne le croit. En cause une réaction du système nerveux autonome parasympathique. Mais on ne résiste pas à épingler la proximité des manifestations de la jouissance et de l’éternuement. C’est Dr Brisard dans son ouvrage de 1896 «L’Éternuement» en donnait une description très proche du plaisir: «Les yeux se ferment, les idées deviennent confuses, la notion des choses se perd, il semble que vous vous en allez dans une inspiration qui monte, lente et profonde. Il y a un instant de légère angoisse, une sorte de court vertige, on se demande si cela va finir, quand tout à coup une expiration brusque et sonore vous ramène à la vie extérieure».

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