Le petit zizi de Napoléon

Il mena bien des batailles et envahit tant de pays, de l’Allemagne à la Russie en passant par l’Espagne, la Pologne, la Prusse ou l’Égypte. Mais Napoléon ne fut pas seulement conquérant sur les champs de bataille, il le fut aussi dans l’intimité. L’empereur aima passionnément Joséphine, l’épousa, divorça, se remaria avec ce qu’il appelait un «ventre» – en l’occurrence Marie-Louise d’Autriche qui lui donna l’héritier tant espéré – et tomba de nombreuses femmes. Devenu puissant politiquement, Napoléon eut de nombreuses maîtresses, une soixantaine dit-on, qu’il culbutait sans ménagement, grossièrement, rapidement, sans parfois même enlever ses bottes. Stendhal qui pourtant vouait à l’empereur une admiration sans borne, parla de moments amoureux de trois minutes. La petite histoire raconte que le grand maréchal du palais Michel Duroc chargé de la sécurité de l’empereur et de l’intendance, installait les belles dans les appartements, prévenait l’empereur qui quittait alors son bureau, les montait prestement avant de revenir à sa table de travail. Et ce dans le meilleur des cas. Parfois ces dames devaient patienter longuement avant d’être «honorées». Ainsi la comédienne Catherine Joséphine Duchesnois, que l’empereur avait fait chercher et installer dans ses appartements, dut attendre déshabillée trois longues heures dans une chambre non chauffée, avant d’être renvoyée car elle avait posé se plaindre de la situation.

Amant misogyne

Napoléon consomma les femmes plus qu’il ne les aima. Il s’en méfiait quand il ne les méprisait pas superbement. Ses propos à leurs égards sont plus terrifiants les uns que les autres. Dans une lettre à son frère datant de 1795, il disait «Les femmes sont l’âme de toutes les intrigues, on devrait les reléguer dans leur ménage, les salons du gouvernement devraient leur être fermés.» Il déclara encore «la femme est notre propriété, nous ne sommes pas la sienne; car elle nous donne des enfants, et l’homme ne lui en donne pas. Elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruit est celle du jardinier.» ou «Les hommes sont faits pour le grand jour. Les femmes sont faites pour l’intimité de la famille et pour vivre dans leur intérieur.» À la fin de son existence, à Saint-Hélène, il concluait: «Je fus jadis amoureux… Je crois que l’amour fait plus de mal que de bien et que ce serait un bienfait d’une divinité protectrice que de nous en défaire et d’en délivrer les hommes.»

Malheureusement cette vision misogyne des femmes se concrétisa dans le Code Civil de 1804, appelé «Code Napoléon» qui fit des femmes des éternelles mineures soumises, jusqu’en 1970, à l’autorité du père et du mari. Totalement incapable juridiquement, la femme mariée vivait sous la tutelle du mari qui pouvait l’envoyer en prison, si elle commettait un adultère. L’homme adultère lui, était puni d’une simple amende. La même inégalité dominait le divorce: pour l’obtenir, la femme devait prouver que son époux avait établi sa concubine au foyer.»

Petit zizi

D’où vient cette misogynie? D’un complexe profond? Napoléon aurait été gêné par sa petite taille au point de donner de façon informelle son nom à un complexe qui affecte les hommes petits. Bonaparte aurait compensé son complexe par le pouvoir et les conquêtes, militaires comme féminines. Petit de taille, Napoléon aurait eu également un petit pénis. Aurait-il été moqué pour ce petit sexe au point de vouloir dominer et soumettre les femmes? Rien n’est moins sûr. Mais on s’amusera à évoquer le rapport de son médecin personnel Francesco Antommarchi qui à la mort de l’empereur en 1821, constata que le sexe ne mesurait pas plus de 3,8 centimètres; un pénis au repos faisant plutôt en moyenne entre 7,5 et 10 centimètres. Antommarchi fit davantage: sans que les témoins français et anglais ne le voient, il retira certaines parties de la dépouille. Et il aurait même selon la légende pris des dents, ongles, cheveux ainsi que le sexe de l’empereur.

L’organe impérial connut une étrange destinée, comme le raconte l’historien Marc Lefrançois dans son «Histoires insolites de Napoléon». Il fut récupéré par l’abbé Vignali puis sa famille qui le conserva pendant des décennies avant de le mettre en vente en 1916, sous l’intitulé de «tendon momifié». Il fut acheté par un Anglais qui le revendit 8 ans plus tard pour 400 livres à l’américain A.S.W. Rosenbach. En 1927, celui-ci le prêta au Museum of French Arts de New York qui l’exposa sur un petit coussin de velours. Une exposition qui valut à l’impérial pénis bien des moqueries car non conservé dans le formol, il rétrécit au fil des ans pour ressembler si l’on en croit les journalistes à «un bout maltraité de lacet en peau de daim», «une anguille ridée», ou encore un «morceau de bœuf séché». Des décennies plus tard, en 1977, il fut acheté par le docteur américain John K. Lattimer pour 13 000 francs. L’urologue le fit scanner et confirma qu’il s’agissait bien d’un pénis. L’homme conserva toute sa vie ce qu’il considérait comme son «trésor historique» en le cachant dans une boîte placée sous le lit de sa maison d’Englewood dans le New Jersey. Il transmit la précieuse relique à sa fille Ewan qui sans jamais le montrer, précisa qu’il était «réduit à la taille d’un doigt de bébé, avec de la peau ridée blanche et de la chair beige disséquée». Comme on le peut voir dans un documentaire britannique de Channel 4, le pénis de Napoléon est toujours conservé dans la cave de la maison américaine. Ewan refuse toujours de s’en séparer malgré les offres qui sont montées jusqu’à 100.000 dollars.

Joëlle Smets.

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