Panne érectile: tous les hommes concernés!

Pourquoi cette dysfonction érectile apparaît-elle?  Comment la dépasser ? Les réponses de la sexologue belge Valérie Doyen qui avec Pascal de Sutter, signe le roman sexo-informatif « Erection ».

 

L’érection… Elle est souvent associée à la virilité triomphante comme si l’identité masculine se réduisait à la raideur de ce membre. Mais la turgescence, jugée si essentielle, peut engendrer angoisses et déprimes quand elle ne répond pas aux attentes masculines. Et féminines. C’est que aussi physiologique soit-elle, l’érection est sujette à bien des éléments psychologiques, relationnels, éducationnels et contextuels. « Le sexe masculin est ce qu’il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève », écrivait Frédéric Dard. « L’érection est ce qu’il y a de plus fragile au monde, une simple pensée peut l’anéantir », dit le sexologue belge  Pascal de Sutter. De nombreux hommes connaissent en effet des problèmes érectiles, passagers, prolongés ou installés. En 2002, une étude menée en France auprès de 5.099 hommes âgés de 18 à 70 ans montrait qu’un quart d’entre eux avaient des problèmes d’érection et qu’au-delà de 45 ans, le pourcentage montait à 44%. Le problème serait dès lors d’importance ! Mais il est loin d’être insoluble. Dans Erection, les sexologues belges Pascal de Sutter et Valérie Doyen nous disent le pourquoi du comment des dysfonctions érectiles, parlent du fonctionnement de l’érection, de ses fluctuations normales,  évoquent l’importance de la tendresse, de la communication, le rôle de l’agressivité phallique, le poison de la jalousie… Ils disent comment résoudre les problèmes et donnent de nombreux conseils. Et dans cette nouvelle « Erection », les deux spécialistes ne se contentent pas de donner des explications, ils mettent en scène ces problèmes dans un roman « sexo-informatif », les font vivre à travers l’histoire d’un homme souffrant de ces troubles -un personnage directement inspiré de cas cliniques – et terminent chaque chapitre narratif par des informations sexologiques. De quoi permettre aux lecteurs de s’identifier plus facilement !

Dans vos consultations, les dysfonctions sexuelles sont-elles une cause fréquente de consultation ?

Absolument ! Les pannes érectiles sont un problème que tous les hommes connaissent à un moment ou à un autre de leur vie. Pour certains, cela peut même commencer à l’adolescence et pour les autres plus tard. Mais attention, ces pannes peuvent être tout à fait ponctuelles et passagères.

Quelles en sont les raisons ?

Elles sont multiples : le stress, la fatigue, le surmenage, une dispute avec son partenaire, la jalousie, la dépression, un problème de santé, le surpoids, un traitement médical, le vieillissement…

Une dysfonction passagère risque-t-elle de s’installer ?

Après trois-quatre pannes ponctuelles, une angoisse de performance peut s’installer qui enferme l’homme dans un cercle vicieux. Il a tellement peur de ne plus bander qu’il ne bande plus et augmente le problème. Un ancrage négatif de la panne érectile s’est mis en place. Face à ce problème, généralement il évite de faire l’amour pour ne plus subir ce qu’il ressent comme une humiliation. Mais cet évitement entraîne une raréfaction de l’érection spontanée et une diminution du désir …

Que doit-il faire ?

Il faut oublier l’érection ! Ne plus chercher à l’avoir ! Il faut bien se rendre compte que celle-ci ne se décide pas et que plus on veut l’obtenir, plus on angoisse à l’idée de ne pas l’obtenir, moins on risque de l’avoir ! En fait je suggère aux hommes qui connaissent de tels problèmes  de cesser momentanément les tentatives de pénétration lors des rapports sexuels. Ils doivent se mettre d’accord avec leur partenaire de ne plus avoir de relations incluant cet acte. Ils peuvent s’embrasser, se toucher, se caresser, se masser mais pas se pénétrer. Tous deux découvrent ainsi d’autres sources de plaisir. Il arrive très souvent qu’en ne se focalisant plus sur l’érection, elle revienne. Mais bien sûr, auparavant,  il faut s’assurer que ces pannes érectiles ne sont pas dues à un problème de santé.

La dysfonction érectile impacte souvent la partenaire…

Beaucoup de femmes perçoivent l’érection masculine comme le signe qu’elles plaisent à leur partenaire. Elles vivent souvent mal le fait qu’ils connaissent des pannes érectiles et croient qu’elles en sont les responsables. Elles doutent de leur potentiel de séduction et sont fragilisées dans leur image corporelle.

Que doivent-elles faire ?

Je vous dirais d’abord ce qu’elles ne doivent pas faire : jouer à la femme fatale. Elles ne doivent pas arriver un soir habillées de façon hyper sexy car elles risquent de faire peur à leur partenaire. En la voyant ainsi, ils vont se sentir tenus d’avoir une érection et cette obligation risque très certainement d’entraîner une panne érectile. A l’autre extrême, les femmes ne doivent pas minimiser le problème et se montrer hyper compréhensives en disant par exemple que cela n’a pas d’importance. La bonne attitude est  de rester soi-même et de développer une complicité érotique : ne pas se focaliser sur le sexe de son compagnon et développer d’autres jeux amoureux.

Erection est publié aux éditions Odile Jacob, 280 p. 21, 90 euros

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