Orgasme et sentiments

Les uns affirment qu’ils s’offrent de jouissives étreintes sans éprouver le moindre sentiment. Les autres expliquent qu’ils ne peuvent faire l’amour sans éprouver d’amour. Au-delà de nos conceptions personnelles et morales, plaisirs physiques et sentiments se confortent-ils ? S’opposent-ils ? Appartiennent-ils à des univers séparés? Si les plaisirs des corps et les bonheurs des cœurs semblent pouvoir être distingués, ils n’en tissent pas moins, comme nous le montrent des travaux scientifiques, des relations complexes, tellement complexes qu’elles fragilisent la conception d’une séparation nette entre sexe et sentiments.

Florilège de quelques études. Découverte en 1906 par le britannique Henry Dale et associée au départ à l’accouchement et l’allaitement, l’ocytocine allait révéler jouer un rôle important dans la sexualité, émotionnel de surcroît. Produite lors d’un rapport sexuel agréable, elle s’avéra participer à la naissance et la consolidation du sentiment amoureux entre les partenaires. L’ocytocine fut dès lors surnommée l’hormone de l’attachement ou de l’amour. Faire l’amour faciliterait – ou entraînerait – ainsi l’attachement et même une tendance à la fidélité. En 2013, Dirk Scheele de l’université de Bonn montrait d’ailleurs combien l’ocytocine favorisait une affection constante. Dans son énième étude sur cette substance, le chercheur allemand montrait que les hommes qui avaient reçu une dose d’ocytocine, voyaient les circuits de récompense du cerveau, liés aux plaisirs, s’activer uniquement quand ils voyaient des photos de la femme avec laquelle ils nouaient une relation amoureuse et stable. Mieux encore ces circuits s’activaient bien plus à la vue de la partenaire aimée que d’une belle inconnue. Et quand ils devaient évaluer l’attirance, les hommes sous ocytocine jugeaient leur compagne plus attirante… Ainsi le sexe favorise la production d’ocytocine qui participe à l’attachement et l’amour, si ce n’est la fidélité…

En 1972, le psychiatre américain Robert Heath découvrait ce qui se passait dans le cerveau au moment de l’orgasme et précisait que l’information sensorielle partait des organes génitaux pour arriver dans le cerveau, traverser les zones centrale et frontale et toucher le cortex préfrontal, considéré comme le siège des émotions ! C’est là que la jouissance prend sens en fonction du ressenti de la personne qui le vit.

Autre étude interpellante : en 2006, Kenneth Mah et Yitzckak Binik de l’université canadienne McGill s’interrogeaient sur la nature de l’orgasme – est-il dans la tête ou le corps ? Après avoir rencontré des centaines d’hommes et de femmes, ils ont conclu que le plaisir orgasmique dépendait davantage de facteurs psys, affectifs et relationnels que physiques. En clair, mieux vous vous sentez avec votre partenaire, meilleur sera la jouissance.

L’année suivante, les chercheurs américains Stéphanie Ortigue, Scott Grafton et Francesco Bianchi-Demicheli confirmaient ces liens entre plaisirs et sentiments. Après avoir interrogé 29 femmes et exploré leurs cerveaux via des techniques d’imagerie, ils ont établi que plus les femmes se disaient amoureuses et proches de leur partenaire, plus elles confiaient leur satisfaction sexuelle et orgasmique

Amour et sexe se renforcent ainsi. Pour notre plus grand plaisir…

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