Brigitte Bardot déchirée

L’artiste Dominique Lebrun fait des collages étonnants à partir d’affiches mythiques de cinéma. Visite de l’expo Parfum d’interdit

Brigitte Bardot, Romy Schneider, Annie Girardot, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo et bien d’autres, toutes et tous, aussi célèbres soient-ils, sont mis en pièces, dépecés, lacérés, tailladés, morcelés, déchirés. Dominique Lebrun s’attaque aux stars de cinéma sans vergogne, ni scrupule, avec même une jouissance avouée, un «plaisir extrême». L’artiste français déchire des affiches mythiques de film en un geste qu’il dit «enivrant». Mais son agression iconoclaste au premier regard, redonne vie et transforme des images figées en œuvres d’art. Et au-delà de leur esthétisme, il nous parle de nos désirs et amours souvent difficiles.

«Les collages de Dominique Lebrun sont symboliques de nos relations amoureuses. Quand on rencontre une personne, on est fasciné d’abord par son image, on idéalise l’autre et puis avec le temps, on voit ce qu’il y a derrière, les failles, les déchirures. Si l’on reste et continue d’aimer, il faut apprendre à recoller les morceaux», dit Émilie Dujat qui expose l’artiste français à Bruxelles.

Jusqu’à la fin du mois du juin, non loin de la place Flagey à Bruxelles, Dominique Lebrun présente son travail qui hérite directement de sa passion pour le cinéma. S’il fait des collages depuis une dizaine d’années, le créateur fut d’abord journaliste, historien du cinéma et auteur de plusieurs ouvrages dont «Paris-Hollywood», «Hollywood» «Trans Europe Hollywood» ainsi que collectionneur. «Depuis l’enfance, je collectionne des affiches de films mais celles-ci s’accumulaient sans que je ne les regarde plus vraiment jusqu’à ce qu’en 2010, je découvre la photo prise par l’acteur Dennis Hopper. Elle montrait un mur d’affiches lacérées à New York. Cette image m’a rappelé les collages et découpages que je faisais dans mon enfance,» explique-t-il.

Quelques mois plus tard, Dominique Lebrun se lançait dans son premier collage pour en vivre aujourd’hui exclusivement, «Je redonne vie à ces vieilles affiches. Je les utilise comme un peintre manie les tubes de couleurs. Je réinvente les stars et les mets en scène dans des affiches qui racontent de nouveaux récits. Bien sûr, pour l’historien du cinéma et le collectionneur que je suis, déchirer des pièces originales est un acte de transgression.»

Une transgression qui a un «Parfum d’interdit».

J.S.

Parfum d’interdit, Tableaux de Dominique Lebrun. Transgression déchirée/collée d’une collection d’affiches de cinéma.

Jusqu’au 10 juin à la Galerie Émilie Dujat.

Chaussée d’Ixelles 300, Place Flagey, 1050 Bruxelles.

Jeudi/vendredi de 14h00 à 17h00 – Samedi de 14h00 à 18h00 – Et sur rendez-vous

http://www.emiliedujat.com

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