L’orgasme a-t-il une composante génétique?

 

Les gènes peuvent-ils expliquer les difficultés à jouir de certaines femmes?

L’orgasme féminin! Aujourd’hui on en parle et reparle au point qu’il semble devenir un impératif absolu et le gage d’une sexualité épanouie comme d’une intimité de couple réussie. Pourtant les études sont nombreuses qui précisent qu’un pourcentage important de femmes ne connaît pas ce pic de jouissance lors d’un rapport sexuel. La dernière en date, menée par l’Université de l’Indiana atteste que seulement 18,4% des 1055 femmes interrogées le ressentent lorsque le rapport sexuel se limite au coït, à la pénétration. Les raisons de ces difficultés à monter au 7 e ciel sont multiples, aussi bien psychologiques que techniques, culturelles et éducationnelles.

Et si celles-ci étaient aussi génétiques? Une étude menée auprès de 4037 jumelles semble en effet le prétendre. En 2005, les généticiens anglais Kate Dunn, Lynn Cherkas et Tim Spector de l’hôpital Saint-Thomas à Londres publiaient dans Biology Letters les résultats d’une vaste étude dans laquelle ils avaient questionné pas moins de 683 paires de jumelles monozygotes – les vraies jumelles – et 714 paires de jumelles dizygotes – les fausses jumelles – âgées de 19 à 83 ans et supposées avoir grandi dans les mêmes environnements familiaux. Les spécialistes ont ainsi établi que les gènes participaient pour une part non négligeable dans la non-capacité orgasmique des femmes: à concurrence de 34% lors des rapports sexuels. Le pourcentage montait même à 45% pour l’incapacité à jouir lors de la masturbation alors que généralement les femmes jouissent plus facilement de cette façon. Une autre étude menée cette fois en Finlande en 2005 et 2006 auprès de 1290 vraies jumelles et 1750 fausses jumelles âgées de 18 à 49 ans qui a donné des résultats similaires. De quoi permettre de dire que 45% des différences à atteindre le nirvana des plaisirs peut s’expliquer par la génétique. Il existerait bien ainsi une prédisposition à la jouissance sans que l’on sache quel est le gène qui la permet.

Mais même si une composante génétique peut être invoquée à la difficulté orgasmique, – merci maman, merci papa! – l’orgasme reste néanmoins lié à bien d’autres facteurs. Il s’est vu des femmes découvrir le plaisir après 60 ans! Le plaisir est à la portée de la plupart des femmes pour peu qu’elles le désirent et le travaillent. Un travail somme toute pas trop désagréable qui commence sans doute par la masturbation, une jouissance plus facile à atteindre et qui permet de savoir que le plaisir est à possible et à portée de mains. Il passe ensuite par des relations sexuelles qui intègrent les caresses, les jeux de doigt et de langue, les auto stimulations, les contractions des muscles du périnée. Et puis la jouissance passe aussi par le lâcher prise et la détente qui doit être concomitante avec une concentration sur le présent et les sensations. La communication est aussi essentielle: parler avec son partenaire et se dire quels sont les baisers, les gestes, les positions, les moments qui facilitent le plaisir. Mais l’orgasme avec un grand O est possible pour peu qu’on y attelle. Et il ne faut pas oublier que le plaisir se prend plutôt qu’il ne se donne!

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