Les problèmes de clitoris de Marie Bonaparte…

Souffrant de frigidité, la princesse française n’hésita pas à passer sur le billard pour y remédier.

La jouissance – sa jouissance – était devenue une obsession. Marie Bonaparte, arrière-petite-fille du frère de Napoléon, Lucien Bonaparte, voulait connaître le plaisir suprême et ne supportait pas d’en être privée. La princesse ne trouvait la félicité érotique ni dans le lit de son mari Georges de Grèce, ni dans les bras de ses amants, le chirurgien Émile Troisier ou l’homme politique Aristide Briand. Marie Bonaparte ne jouissait pas mais ne renonçait pas davantage à son plaisir. Et petit à petit, elle en vint à penser que son incapacité orgasmique – que l’on désignait alors par le terme de «frigidité» – devait être liée à un mauvais positionnement de son clitoris! Son bouton de rose devait être trop éloigné de son vagin… Passionnée d’anatomie, celle qui avait voulu être médecin, se demanda si elle était la seule à souffrir de ce handicap. Elle entreprit de le savoir en menant une étude morphologique auprès de 200 femmes. De ses observations, elle publia en 1924 à l’âge de 42 ans, un article intitulé «Considérations sur les causes anatomiques de la frigidité chez la femme» qui fut publié dans la revue «Bruxelles Médical». Sous le pseudonyme de A. E. Narjani, elle y expliquait que la frigidité féminine était liée à une malformation anatomique: la distance est trop grande entre le clitoris et le vagin!

Mais Marie Bonaparte ne se contenta pas de ces conclusions et alla plus loin: elle décida de remédier aux erreurs de dame nature et se fit opérer. En 1927, elle passa sous le scalpel du professeur Halban, chirurgien viennois qui prétendait pouvoir déplacer le clitoris. L’opération ne fut pas une réussite mais la princesse s’entêta et demanda une deuxième et même une troisième opération qui seront effectuées en 1930 et 1931! Elles ne furent pas plus efficaces mais entre-temps Marie Bonaparte avait trouvé un certain apaisement auprès de Sigmund Freud. Les séances psychanalytiques, son amitié particulière avec Freud et son rôle de premier plan dans la création de la Société Psychanalytique de Paris calmèrent en partie ses frustrations. C’est Marie Bonaparte qui écrivit dans son Journal: «La psychanalyse peut tout au plus donner la résignation et j’ai quarante-six ans.(…) L’analyse m’a apporté l’apaisement de l’esprit, du cœur, la possibilité de travail, mais rien du point de vue physiologique. (…) Dois-je renoncer à la sexualité? Travailler, écrire, analyser? La chasteté absolue m’effraie. »

 

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