Galipettes et mots coquins

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On ne sait laquelle on préfère… Crier maman ? Déballer le mon chéri ? Faire du potage à quatre genoux ? Buriner la trappe ? Faire la bête à deux dos ? Élargir les prisonniers ? Prendre les chemins de Fatima ? Agacer le sous-préfet ? Avoir l’abricot en folie ? Les expressions coquines sont tantôt imagées, tantôt drôles, tantôt poétiques, tendres ou crues. Mais toutes sont imaginatives, attestant qu’en matière de galipettes, la langue française est des plus riches. Dans un délicieux petit livre intitulé « Grimper aux rideaux », Catherine Guennec raconte avec légèreté et humour 100 expressions coquines, d’hier et d’aujourd’hui. L’auteur, littéraire de formation, raconte leur origine et leur histoire, cite parfois des auteurs Molière, Voltaire ou Apollinaire qui les ont utilisés. On lit au hasard des pages, on picore et on savoure ! Morceaux choisis

Crier maman

« De longs cheveux d’or, des yeux clairs pas franchement rayonnants d’intelligence mais quand elle les ferme pour crier maman, où est l’importance, réponds » écrit San Antonio dans la Casse de l’oncle Tom en 1987. Et Catherine Guennec de nous expliquer qu’il s’agit du cri de plaisir de certaines femmes qui au moment fatidique appellent maman…

Faire du potage à quatre genoux

Il n’est pas question de recette culinaire mais d’une position amoureuse qui emprunte la porte de derrière. « Imaginez deux jeunes gens s’affairant au jardin, plantant leurs légumes à soupe, position penchée, région postérieure en évidence offerte », explique l’auteure qui nous précise que l’expression est ancienne, remontant au XVe siècle mais a ses équivalents actuels : se tromper de porte, courir à rebours, jouer du reversis.

Retourner son éventail

L’éventail a son langage amoureux : ouvert et glissé sur la joue puis posé sur le menton, il dit « je vous aime ». Posé sur la joue droite, il signifie « oui », sur la joue gauche, « non ». Placé près du cœur, il veut dire « vous avez gagné mon amour ». L’expression « Retourner son éventail » joue de ce langage amoureux et signifie « renoncer aux plaisirs de l’amour. »

S’enivrer de sa bouteille

Il s’agit d’une expression courante au 17 et 18 e siècles. Mais contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire, il ne s’agit pas ici d’ivresse ou de griserie alcoolisée mais de hardiesse érotique. Un mari qui s’enivre de sa bouteille est un homme ardent qui ne ménage point ses caresses conjugales et « bouchant volontiers la bouteille ou pratiquant l’acte de chair. »

Emmener Popaul au cirque

L’expression date des années soixante. Popaul c’est le petit nom du zizi qui en a reçu bien d’autres que nous rappelle l’auteure : Charles le Chauve, le Prosper, le Nestor, le Jean jeudi, le Jean nu-tête, le Philibert, le Ferdinand… Et le cirque auquel on convie Popaul dans cette expression, ce sont les jeux de l’amour !

J.S.

rideaux

Grimper aux rideaux est paru aux éditions First, 192 p., 9,95 euros

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