Paris a sa première maison close avec poupées en silicone

xdolls

Il y a Lily, une Asiatique d’1mètre 45 et 26 kilos, une demoiselle aussi légère que fine et à la poitrine généreuse. Même si elle ne peut parler, elle se dit prête à réaliser tous les fantasmes et se vante d’être la plus maniable de la maison close Xdolls. Il y a aussi Sofia, une Occidentale d’1 mètre 61 pour 32 kilos, une blonde aux yeux noisette qui même si elle ne peut bouger, se décrit comme la plus athlétique et la plus ferme. Et puis il y a Kim, la Latine d’1mètre 53 et 38 kilos qui se targue d’être plus pulpeuse que ses deux copines. Et il est vrai que ses seins sont encore plus imposants et ses lèvres entrouvertes déjà prêtes, bien plus charnues.

Lily
Lily

Ces 3 poupées sexuelles qui seront bientôt rejointes par des homologues masculins, attendent désormais leurs clients et clientes dans la maison close parisienne Xdolls ouverte par Joaquim Lousquy et installée dans le 14 e arrondissement. L’homme d’affaires de 28 ans refuse d’être plus précis quant à la localisation de son bordel 2.0. L’adresse de Xdolls n’est donnée aux clients qu’après paiement bancaire. Officiellement cette discrétion protégerait les clients qui seraient selon le jeune patron, des hommes et des femmes normaux, sans perversion ni travers, des hétéros comme homos âgés de 30 à 50 ans, désireux de vivre une expérience érotique inédite. Par contre la société ne cache pas ses tarifs. Pour une heure avec Lily, Kim ou Sofia, les clients déboursent 89 euros s’ils viennent seuls et 120 euros s’ils viennent en couple. Et pas moyen de louer les services de la demoiselle pour 30 minutes. Une heure serait le minimum minimorum pour une entrevue avec la sex doll car son maniement ne serait pas aisé. Il demanderait de l’attention et de la précaution – une caution de 100 euros est d’ailleurs demandée au cas où l’engin est endommagé -. C’est que les poupées de Joaquim, aussi maniables ou athlétiques prétendent-elles être, ont des articulations rigides qui nécessitent du temps et des manipulations entre chaque mouvement… Les demoiselles ne sont pas des robots qui elles peuvent sourire, gémir, parler ou bouger comme commencent à le faire d’autres sex dolls. Lily, Sofia et Kim sont elles, inertes et impassibles. Sans doute l’heure de rendez-vous s’impose-t-elle aussi car il faut du temps pour se faire à l’idée de faire l’amour avec une poupée de silicone complètement passive. Sans doute le maintien de l’excitation n’est-il pas aisé face à une telle nouveauté… Ce n’est pas pour rien que dans les chambres, des films pornos peuvent être projetés avec cette fois des hommes et des femmes de chair et de sang. Et pour ceux et celles qui craindraient d’attraper une maladie vénérienne, la maison oblige ses clients à porter un préservatif et précise qu’entre chaque utilisation, la poupée est lavée et désinfectée, extérieurement et intérieurement.

Sofia
Sofia

Sordide ? Détestable ? Acceptable ? Amoral ? Non éthique ? Dangereux ? Chacun appréciera. Mais il est certain que la maison close Xdolls symbolise à elle seule l’évolution des comportements sexuels. « La poupée sexuelle représente un tournant dans nos pratiques. Elle offre une nouvelle expérience sexuelle au niveau des sensations et de l’imaginaire qu’elle fait travailler, » a expliqué l’homme d’affaires à un média français. « C’est le futur. C’est comme dans les années 1980 où les premiers godemichés étaient devenus à la mode. Désormais, c’est quelque chose de normal. C’est la même chose pour nous, c’est l’évolution du sextoy pour les hommes. » Persuadé de la réalité de cette évolution et du succès de son projet, Joaquim Lousquy a d’ailleurs annoncé qu’il allait ouvrir bientôt six autres adresses en France. Côté législation, le business man s’est dit confiant. Entouré de juristes, il affirme qu’il ne vend pas les services de prostituées mais loue des jouets pour adultes, de morceaux de silicone et de fer… Partout en Europe, un flou juridique entoure cette problématique et de tels lieux se sont déjà ouverts en Allemagne et en Espagne sans que l’état y trouve à redire. En Afrique par contre, des réactions apparaissent. Le Botswana a décidé d’imposer un embargo sur l’importation de poupées sexuelles. De même le pays interdit à ses ressortissants d’avoir des relations sexuelles avec une sex dolls.

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Mais au-delà du jugement que l’on peut avoir sur les poupées et robots sexuels, reste à voir comment ils vont faire évoluer les relations intimes entre les hommes et les femmes. Nul ne le sait encore précisement. Les uns redoutent que ces poupées soumises à tous les caprices de leurs utilisateurs ne fragilisent la notion de consentement si essentielle dans un vrai rapport à deux. Les autres craignent de voir la sexualité évoluer vers une pratique de plus en plus solitaire et virtuelle. Au Japon, déjà où la sexualité est très marquée par les nouvelles technologies, on a constaté que le nombre de rapports sexuels diminuait d’année en année. En 2016 l’Association japonaise du planning familial a mené une enquête qui a révélé que 47,4 % des personnes mariées n’avaient pas eu de relations sexuelles depuis un mois, contre 35,1 % en 2004. L’Institut national japonais de la population, a de son côté établi que pas moins de 42 % des hommes et 44 % des femmes de 18 à 35 ans étaient encore vierges (contre 26 % pour les jeunes Français). Une virginité que l’on peut mettre en lien avec une autre étude récente qui atteste que 46 % des femmes et 25 % des hommes âgés de 16 à 25 ans « méprisent » le contact sexuel…

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