Savez-vous fesser avec art?

Les jeux de domination soumission peuvent pimenter la vie érotique d’un couple. Au sein de son Académie des Arts de l’Amour, Julie du Chemin enseigne l’art d’attacher, fesser … Interview.

Martinets et menottes sont sortis aujourd’hui des donjons pour atterrir sur la table de nuit de bien des couples – 33 % le pratiqueraient selon une enquête faite par le site Moulin rose. Aujourd’hui le sadomasochisme a perdu son côté ghetto pour devenir en version light une pratique sexuelle parmi d’autres. C’est que les jeux de domination soumission pimentent leur vie intime. La pétillante Julie du Chemin, qui dirige AAAh, l’Académie des Arts de l’Amour, en est persuadée, elle qui anime bientôt un atelier “L’art de la fessée et autres plaisirs tabous”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi avez-vous initié cet atelier ?

Je me suis beaucoup intéressée à la pratique SM. Plus jeune, j’ai lu Sade, Leopold von Sacher-Masoch, l’auteur de la Vénus à la fourrure qui donna son nom au sadomasochisme, George Bataille… Ensuite l’immense succès des romans et films “50 nuances de Grey ”m’a persuadée de lancer cet atelier pour initier des couples à ces jeux de domination soumission light ; je n’aime pas le terme BDSM trop connoté.

Vous parlez de jeux ; la dimension ludique est essentielle ?

Bien sûr, vous jouez avant tout. Le but recherché n’est pas en soi de faire souffrir votre partenaire même s’il est conseillé que chacun sorte de sa zone de confort. Si vous n’avez pas mal du tout ou si vous n’avez pas un peu peur, cela ne sert à rien de s’adonner à tels jeux.

Mais il y a des règles à respecter pour que tout se passe bien ?

Absolument. Chaque couple fixe à l’avance les règles du jeu et prévoit des codes pour mettre fin aux jeux ; un geste ou un mot.

Qu’apportent ces jeux à un couple ?

Ils permettent de pimenter leur vie amoureuse et de sortir de leurs habitudes. Beaucoup de couples tombent dans la routine érotique ; ils n’ont plus que des relations sexuelles rapides et répétitives. Avec les jeux de domination soumission, ils ne peuvent plus aller vite mais doivent prendre leur temps pour s’offrir de nouvelles découvertes sensorielles. Les relations de domination soumission ouvrent le champ des possibles et peuvent dynamiser leurs relations intimes. Ils sont aussi de beaux outils de transformation de l’individu. Ils peuvent apporter de l’équilibre. Quand vous jouez à dominer l’autre ou à vous soumettre à lui, vous pouvez découvrir des sensations et émotions inconnues. Si vous proposez par exemple à une femme qui a une tendance autoritaire et castratrice de rentrer dans un jeu où elle est dans la totale soumission, elle peut découvrir le plaisir de ne plus rien contrôler. En sexologie, de tels jeux peuvent être très utiles et aider certains hommes qui se montrent trop doux et n’osent pas affirmer leur virilité. Les pratiquer peut aider à être plus audacieux et assertif. Pendant un moment, l’homme va donner des ordres à sa partenaire, et commencer par exemple à lui dire de mettre telle nuisette et de l’attendre sur le lit en silence.

Ces jeux nécessitent du matériel ?

Le premier matériel indispensable est l’imagination ! Cela n’est d’ailleurs pas toujours aisé de s’immerger dans un jeu de domination soumission. Au cours de l’atelier je propose des petits scénarios à partir desquels les couples peuvent commencer à jouer, comme les relations prof-élève, maître-esclave, conductrice-auto-stoppeur.

Il ne faut rien acheter ?

Rien n’est obligatoire et beaucoup d’objets du quotidien peuvent servir : avec un foulard, vous pouvez attacher les mains ou bander les yeux. Le glaçon qui est dans le surgélateur, vous le passez sur un sein. La cuillère en bois de la cuisine permettra de caresser ou frapper gentiment les parties charnues de l’anatomie de votre chéri(e). La cire de la bougie qui orne la table, vous la faites couler sur une partie du corps. Vous pouvez également dire à votre partenaire qui a les yeux bandés que vous allez verser de la cire sans le faire car le plaisir est aussi dans l’attente et la peur. La règle en bois d’école devient un petit martinet. Et puis la main est un outil formidable, plus souple et plus maniable qu’un martinet. Maintenant vous pouvez acheter du matériel : les menottes entourées de fausse fourrure, le martinet qui a plusieurs lanières de cuir, la cravache, la badine… Il peut servir à caresser comme à battre. Il y a des scotchs spéciaux que vous posez sur la bouche de votre partenaire : un geste très fort…

Comment se passe votre atelier ? Il est d’abord destiné aux couples ?

L’année dernière nous avons eu une majorité de couples âgés de 30 à 60 ans et si l’atelier leur est destiné, il est également accessible aux personnes célibataires. Durant les 3 heures de l’atelier, j’explique l’art d’attacher, d’encorder l’autre, le maniement de la cravache, du martinet, du bâillon, du bandeau ou du plat de la main. Je suggère des scénarios de soumission domination et des façons d’utiliser le corps de l’autre comme terrain d’expérimentation et de plaisir. Attention, tout cela se fait habillé et dans le respect de l’intimité de chacun. Pendant quelques minutes, les participants sont invités lors d’un exercice à expérimenter à travers leurs vêtements tel ou tel instrument ou jeu. Tout cela se passe dans l’harmonie, la bienveillance et la joie.

Infos pratiques : Le 21 juin, de 19h00 à 22h à la salle La Source, 65 rue de la Bâchée à 1480 Plancenoit (près de Waterloo). Prix : 60 euros par personne. www.aaah.be

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